Les textes de Aqui N 1

P R E M I E R   E D I T O R I A L !

 » AQUI  » , Pourquoi ? Pourquoi ?

« AQUI » est là… Cette revue fait vivre le village, plonge dans son passé, des celto-ligures au XIX siècle, en passant par le bon roi RENE et le siècle des lumières. Elle montre aussi le présent , en analysant l’extension et l’aménagement de GRANS aujourd’hui et vous rend acteur d’une histoire vieille de 2000 ans, qui se poursuit sous nos yeux…

« AQUI » est le porte-parole des Gransois qui s’intéressent à GRANS : pour l’administration, avec ses 3000 sujets, GRANS est une ville. En réalité, c’est un gros village dont la vocation agricole se transforme peu à peu en résidentielle; nostalgiques du passé, vivant dans un présent qui veut maîtriser son avenir, nous sommes à la croisée des chemins : mieux vaut donc savoir d’où l’on vient pour comprendre où l’on va…

« AQUI » n’aurait pas vu le jour sans l’association « HISTOIRE & TRADITIONS

GRANSOISES », et l’association ne saurait exister sans vous. Aidez-nous en répondant à nos enquêtes, en inventoriant vos vieux papiers, en interrogeant votre mémoire ; votre « vécu » nous intéresse, en échange, notre revue s’emploiera à vous intéresser. D’accord ? Alors, puisqu’ AQUI est là, commençons ensemble cette histoire qui pourrait débuter ainsi : Il était une fois, en Provence, un petit village appelé GRANS…

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LES BORIES DE GRANS

L’Association  » HISTOIRE et TRADITIONS GRANSOISE »  vient de voir le jour: sa mission est de rappeler aux Gransois que les hommes et les femmes nous ayant précédés, ont laissé parmi les sentiers des collines et des plaines de notre commune, des témoins de leur vie et de leur savoir-faire, dignes de notre respect et de notre admiration.

Les plus intéressants de ces témoins, mais aussi les plus menacés sont les BORIES : constructions édifiées avec des pierres plates, sans liant et couvertes par une fausse voûte en encorbellement.

Une enquête récente dont le but était de recenser toutes les bories de la commune de Grans (rive gauche de la Touloubre) a établi qu’il y en avait soixante-trois.

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Dans notre commune , on rencontre ce type de construction sur les terrains où affleure le calcaire tendre de couleur roussâtre appelé molasse . Ces plateaux arides, légèrement vallonnés où poussent le pin d’Alep et le chêne kermès sont presque tous constitués de sols ingrats autrefois appelés « terres gastes »; ils furent progressivement épierrés et défrichés  au cours des trois derniers siècles. Un grand nombre de ces parcelles sont aujourd’hui abandonnées et c’est en bordure de ces champs en friche que se trouvent la plupart des bories recensées. En raison de l’extension des sols constructibles au cours des trente dernières années, un petit nombre d’entre elles se trouvent aujourd’hui derrière les clôtures des propriétés privées, à quelques mètres des maisons d’habitation.

En fait, les bories de Grans sont réparties à peu près également dans les quartier Ouest et Sud de la commune. On en trouve 6 à Mounet, 3 à Beaumajour, 7 aux Baumes, 6 aux Eysselettes, 12 dans les Hautes Plaines 11 dans les Basses plaines, 4 dans les Plantades, 2 dans le Clos Perrier, 4 dans le camp Jouven, 4 dans les Pelenches et 2 à Châteauneuf.

(Plan)

Le matériau employé pour la construction des bories provient du clivage des bancs rocheux, qui donne des plaques plus ou moins minces appelées « lauses », particulièrement appropriées à l’édification de la voûte en pierre sèche encorbellée et déversée.

Cette technique repose sur deux principes :

– disposer les pierres de chaque assise en surplomb par rapport à celles de l’assise inférieure en évitant la rupture d’équilibre et en rétrécissant progressivement l’ouverture jusqu’à ce que celle-ci soit assez étroite pour être fermée par une seule dalle. En fait, ce genre de voûte permettait de couvrir n’importe quel plan intérieur, même de tracé non géométrique.

- imprimer aux pierres de chaque assise une légère inclinaison vers l’extérieur pour parfaire l’étanchéité à la pluie.

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Les murs, d’épaisseur variable de 0,30m à 1,35m à la base, comportent souvent à l’intérieur comme à l’extérieur un blocage formé d’éclats parfois minuscules. Le parement extérieur est formé de pierres plus épaisses.

La diversité des plans des bories de Grans peut être ramenée à deux types:

- les plans quadrangulaires: carré (1), rectangulaires (2), en trapèze , représentés à Grans par 18 bories;

- les plans circulaires ou ovales (4) , plus nombreux parce qu’ils permettaient d’obtenir pour un périmètre donné la plus grande surface intérieure ;  on en compte 43 .

Il arrive cependant que le périmètre extérieur soit rectiligne et que l’aire d’habitation intérieure soit délimitée par un périmètre curviligne (3).

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Les bories de Grans sont en général isolées; elles n’ont jamais formé d’agglomération. Certaines sont adossées, incorporées ou construites en bout d’un mur de clôture. 18 d’entre elles sont imbriquées dans un pierrier.

Les surfaces intérieures varient de 1,25 m à 14,4O m2 . La fausse voûte à encorbellement forme à l’intérieur une coupole ovoïde dont la courbe débute souvent au niveau du col. La hauteur intérieure prise du sol à la dalle de fermeture est de 1,20 m pour la plus petite borie et de 4 m pour la plus haute. Seules 20 bories ont conservé leur dalle de couverture. En même temps qu’elle protège l’édifice des intempéries, sa mobilité permet de donner un peu plus de lumière et facilite l’évacuation de la fumée quand on allume un feu.

Des profils extérieurs très variés, se dégagent trois types principaux: les toitures en forme de dôme (1) (2),  en forme de carène (5),en forme de cône tronqué (4).

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Toutes les bories ne possèdent qu’une seule entrée, orientée presque toujours au sud ou au sud-ouest. Quatre bories sur 63 sont orientées au Nord-Est: 3 parce qu’elles sont édifiées dans l’angle Sud du champ, 1 parce qu’elle est placée au bord d’une falaise. La largeur des entrées varie de 0,60 m à 0,90 m et, leur hauteur sous linteau de 1 m à 1,80 m. Les piédroits sont en général verticaux, mais plusieurs bories ont leur entrée plus large en bas qu’au niveau du linteau; la différence est parfois assez sensible.

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Certaines entrées sont ébrasées vers l’extérieur, d’autres vers l’intérieur, mais le plus souvent les piédroits sont parallèles. Tous les linteaux sont en pierre, formés, suivant l’épaisseur du mur, par un, deux ou trois blocs monolithes posés côte à côte, cinq de ces linteaux sont soulagés par un arc de décharge. Trois entrées portent les traces d’un système de fermeture et quatre seulement ont aujourd’hui encore leur porte en bois.

La plupart des bories inventoriées n’ont pas d’ouvertures, six en possèdent une seule, deux en possèdent plus d’une. Il s’agit de petites lucarnes ou de meurtrières, le plus souvent en forme de trapèze et aménagées à environ 1m du sol intérieur et le plus souvent orientées vers l’Est ou l’Ouest.

Deux bories portent sur la paroi intérieure des traces de foyers. Plus nombreuses sont les bories pourvues de petites niches ménagées dans l’épaisseur du mur. Douze en possèdent une seule, six en possèdent plus d’une. De faible dimension, ces petites cavités mesurent au maximum 0,40 m de large, 0,30 m de haut et 0,40 m de profondeur.

Au quartier des Baumes, une seule borie possède dans le muret extérieur auquel elle est incorporée, tout à côté de l’entrée une pierre en saillie, percée d’un trou où l’on pouvait attacher une bête.

Sur les 63 bories gransoises, aucune ne possède de banquette à l’intérieur et l’on ne trouve pas non plus d’escalier extérieur qui permette l’accès au toit. Deux d’entre elles possèdent néanmoins une espèce de chemin de ronde édifié à mi-hauteur, tout autour de la borie.

Aucun élément décoratif (bandeau) ne vient agrémenter leur mur extérieur.

Au quartier des Plantades, une borie possède, aménagé à l’intérieur et dans l’épaisseur du mur, un puits avec une margelle monolithe.

Quatre bories sont agrémentées d’un petit enclos situé en arrière ou sur les côtés de l’édifice.

Au quartier des Hautes Plaines, une autre borie, en partie détruite, est dotée d’un petit réduit auquel on accède par une porte basse, c’est par ailleurs la seule qui forme avec une autre borie, peut-être plus récente, un ensemble jumelé.

La date de construction des bories existant actuellement encore dans notre commune est relativement récente. Malgré une solidité qui semble défier les siècles, elles ne sont pas indestructibles. Notre enquête a établi que sur les 63 bories, 20 sont encore en bon état,

19 en assez bon état, 16 sont gravement endommagées, 5 sont presque entièrement détruites et que 3 avaient été volontairement défoncées.

L’absence, pour la plupart d’entre elles d’aménagements intérieurs, même rudimentaires, tels que cheminée, évier, la rareté des moyens de fermeture, permettent d’exclure toute idée d’habitat permanent. Nos bories étaient tout simplement des abris temporaires pour le paysan, que l’éloignement du champ et la quantité de matériau trouvé sur place au cours de l’épierrage du sol, ont incité à construire ou à faire construire, en employant un procédé particulièrement économique, n’exigeant ni chaux ni tuile. Elles devaient aider à l’exploitation des terres arables extrêmement morcelées et trop éloignées du village pour qu’on puisse  y apporter à chaque fois les outils nécessaires.

C’est probablement à partir de 1740, quand les « terres gestes », biens communaux cédés alors à des particuliers, peuvent être mises en valeur par le défrichement et la mise en culture, que sont nées nos premières bories. Mais pour l’instant, rien ne permet de l’affirmer. La construction des bories atteignit vraisemblablement son apogée au cours de la première moitié du XIXème siècle. Vers la fin de ce même siècle, on ne construit déjà plus de bories, mais des cabanons en maçonnerie ordinaire et couverts en charpente et tuiles.

Trois seulement des bories gransoises portent une date gravée sur le linteau ou dans la dalle de couverture. Une extrême prudence est de mise dans ce domaine et ni les dates, ni les inscriptions gravées, ni les tessons, monnaies et objets divers trouvés dans leur sol ou intégrés dans la maçonnerie suffisent pour affirmer leur âge. Face à cette carence, le chercheur doit se rabattre sur des éléments de datation non archéologiques: les repères architecturaux, les traditions écrites et orales, elles-mêmes souvent imprécises.

Il n’en reste pas moins que ces témoins d’une architecture rurale, populaire et anonyme sont d’une diversité et d’une beauté qui peuvent nous étonner. Pour assembler à sec ces pierres, sans cintre ni échafaudage, pour monter ces voûtes avec comme seul outil indispensable un marteau, il faut faire preuve d’une ingéniosité et d’une adresse indiscutables.

Nous aurons bientôt l’occasion de présenter à la population gransoise les documents qui donnent la description, la situation, la photographie et le relevé de chacune des soixante-trois bories de GRANS

B. WEBER

(Dessin)

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S O B R I Q U E T S

Avant la Convention , le nom de famille était inconnu. Ceux qui avaient des responsabilités, héréditaires ou non, portaient leurs titres, les autres n’avaient en propre que leurs prénoms. Le prénom était normalement suivi d’une indication d’origine. A l’extérieur du village le système était viable mais à l’intérieur il eut provoqué des séries de quiproquo si le prénom n’avait pas normalement été accompagné d’un sobriquet, parfois seul utilisé.

L’introduction du nom de famille n’entraîna pas la disparition des sobriquets vu les cousinages nombreux qu’entraînaient au sein des villages les fréquents mariages entre voisins et les restrictions apportées à l’usage des noms de saints. Cet usage normal des sobriquets dura fort longtemps. La dernière génération à les avoir normalement utilisés est en train de s’éteindre. Ces témoins d’une créativité de groupe risquent donc de disparaître.

C’est pourquoi HTG a décidé de consacrer une petite part de son activité d’abord à leur recherche puis à une tentative de classement méthodologique. La liste suivante permettra d’évaluer la richesse de la matière encore disponible :

- DECOMBIS – Cours – Lou Camus – le camus – anatomie (nez camus) ;

- DECOMBIS – Cours – Lou Musca – le muscat – métier (élevait du vin muscat) ;

- GAVAUDAN – Cours – Ninie d’immenso – tic (répétait le mot « immanso ») ,

- JAUFFRET V. – Cours – Lou nédaire – le nageur – anecdote (avait survécu au torpillage du Trigan en 1918) ;

- ESPERANDIEU – Les Picots – San Loî – St-Louis – anatomie ( aurait ressemblé à St-Louis) ;

- MARTIN – Les Pâtis – le balai – sobriquet héréditaire ;

- MICHEL – Pujade – Lou nègre – le nègre – anatomie (très bronzé) ;

- MICHEL – La Roque – Mie cuou – demi-cul – anatomie (petit et peu de fesses) ;

- GAVAUDAN – Bourg – Lou rouquet – l’enroué – anatomie (pourtant bon ténor);

- GAVAUDAN – Bourg – La réuette – l’enrouée – (épouse du précédent) ;

- MOUISSON – Pujades – Lou gaî – le joyeux – comportement ;

- VALLIERE H. – Av. Richier – Lou capellan – le petit curé – anecdote (avait passé quelques années au grand séminaire) ;

- VIAUD – La Roque – Péou de lapin – peau de lapin – hobby (tannait les peaux de lapins qu’elle mangeait puis en faisait d’amples manteaux) ;

- ROYER – r. Pasteur – Lou pego – la poix – métier (cordonnier) ;

- GIRARD – Rte Lançon – Lou breca – la fente – anatomie (bec de lièvre) ;

- VIENS – Les crozes – Lou siblaire – le siffleur – comportement (sifflotait souvent) ;

- CALLAMAND – Pt de Rhaud – Lou caoù – le chaud – comportement (chaud lapin) ;

- ALLEMAND – R. Moulins – Anchoille – l’anchois – anatomie (maigre et sec) ;

- TEISSIER – Cours – Piboulo – le peuplier – anatomie (grande taille) ;

- GAVAUDAN – Rte Salon – Lou députa – le député – comportement (candidat jamais élu) ;

- CAMILLE – Les Crozes – Lou de Ravella – celui du ruisseau – résidence (prés du ruisseau) ;

- DECOMBIS – ‘la Roque – Lou sarcé – le rapiécé – comportement (habillement) ;

- VIAUD – r. Repos – Viaud de hou – Viaud du hou (t ou c) – astuce (possédait un bouc et habitait au bout de la rue) ;

- GROS L. – La Glacière – Lou ragot – le tablé – anatomie ;

- LAURENT – Ferme de Popaye – Daudet – comportement ( narrateur prolixe en provençal) ;

- BEMOND L. – Bourg – La marmotte – comportement (dormait beaucoup) ;

- TEISSIER – Bourg – Careinerito – le petit boucher – anatomie (petit et boucher)

- TEISSIER – Bourg – Longo mélingiano – longue aubergine – anatomie (grande) – (épouse du précédent)

Cette liste ne contient qu’une faible partie de la documentation déjà disponible. Elle sera suivie dans les numéros à venir.

Nous serons évidemment très reconnaissants envers tous ceux qui voudront bien nous aider à conserver la mémoire de sobriquets plus proches des individus que nos actuels nom de famille car ils étaient souvent « gagnés » par ceux qui les portaient.

J. de Champeaux

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GERMAINE RICHIER

Peut-être avez-vous lu un jour son non sur la plaque de l’une des rues de notre village ou peut-être même n’en avez-vous jamais entendu parler ?

En 1904 est née à Grans une petite fille qui devait devenir l’une des personnalités les plus importantes de la sculpture contemporaine : GERMAINE RICHIER.

UNE FORMATION ACADEMIQUE

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Elle passe toute son enfance à Grans puis elle entre aux Beaux-Arts de Montpellier et y étudie jusqu’en 1925, Elle  est élève de Guigues qui fut lui-même collaborateur de Rodin.

Il faut savoir qu’en France, à cette époque, l’enseignement de la sculpture se nourrit presque exclusivement de l’art de Rodin.

En 1925 Germaine Richier part à Paris où elle choisit d’entrer dans l’atelier de Bourdelle, fervent partisan de Rodin. C’est dans un style solide qu’elle crée des ouvres qui sont des variations classiques sur des thèmes éternels : bustes, torses, hommes et femmes nus. . .

1934 : Première exposition personnelle à Paris

1940 – 1947 : de drôles de bestioles….

Elle choisit des animaux pour modèles, ceux de son enfance méridionale : cigales, fourmis, araignées, sauterelles et puis les crapauds, les chauve-souris…Mais ces animaux se transforment en figures humaines déformées, étirées, dans le sens de la plus grande expression.

L’ART de GERMAINE RICHIER

UNE PENSEE NOVATRICE : Nous vivons dans une époque d’invention

Et les artistes, dans leur domaine, doivent innover, comme le font, dans le leur, les savants, les philosophes, les poètes, les écrivains. »

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Germaine Richier est à l’origine d’un style nouveau que l’on a nommé depuis « l’expressionnisme maigre » parce que ce style oblige à réduire à une extrême minceur certains membres et parfois même l’ensemble des personnages sculptés. Ce parti pris de minceur amène Germaine Richier à deux autres innovations :

-  introduction de formes déchiquetées dans le corps de la statue : ceci suggère l’idée d’une atmosphère corrosive rongeant les volumes ainsi que l’idée de mouvement.

– adjonction de fils reliant les extrémités : l’atmosphère est alors divisée et le volume prend sa revanche sur l’espace en essayant de le capturer.

Déchiquetés, troués, mélanges d’hypertrophie et d’atrophie, les personnages peuvent passer pour l’image d’une humanité victime d’épouvantables catastrophes. En vérité, ces sculptures ne sont pas des êtres ou des objets détruits mais des êtres en train de se former. Ce sont des embryons qui inspirent l’espérance et la joie. .

Germaine  Richier n’a jamais voulu faire de la statuaire monumentale et ornementale.

Ses statues ne s’inscrivent, dans aucun décor précis dont elles seraient une partie : chacune est, en elle-même, un tout.

Un élève célèbre : CESAR

Sculpteur connu pour son « César du Cinéma », ses compressions et ses expansions.

1947 – 1955   La peinture et la sculpture

Entre peinture et sculpture il y a rivalité.

La peinture peut l’emporter sur la sculpture parce qu’elle satisfait un besoin de couleur auquel ne répond plus la sculpture depuis qu’on a perdu l’habitude de la polychromer. Germaine Richier a inversé ce rapport en incluant la peinture dans la sculpture.

Les Grands bronzes polychromes :

C’est à partir de 1951 qu’elle travaille en collaboration avec des peintres tels que Vieradda Silva, Hartung, Zao Wou Ki. Ses figures en plomb se détachent sur un fond peint par eux.

-   »La ville »

-   »La toupie »

-   »L’échelle »

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Les Grands bronzes non polychromes :

. « L’orage » (1947) exposé au MNAM

. « L’ouragan » (1949) exposé au MNAM

. « Le Christ d’Assy « (1950)

. « L’ogre « (1949)

. « L’Hydre et le Pentacle » (1954)

. « La Tauromachie » (1953)

. « La série des guerriers » ( 53-55)

des femmes-coqs » (55)

des hommes-oiseaux »

. « Le Don Quichotte » (50)

. « Le cheval à 5 têtes (1953)

. « Le berger des Landes » (56)

1956   Réalisation de 2 sculptures en pierre : »l’Ombre de l’ouragane » et « le tombeau de l’Orage » exposées au Musée Grimaldi à Antibes et Exposition rétrospective de son ouvre au Musée National d’Art Moderne de Paris Les musées étaient jusque-là avare pour les artistes français encore vivants.

1957 – grands plâtres peints.

S’étant appropriée le vide qui l’entoure, elle veut l’enrichir grâce à l’utilisation de la couleur. Elle introduit dans la matière de ses statues des morceaux de verre coloré qui ajoutent à la sculpture des effets de vitrail.

Dans les dernières années de sa vie, elle se consacre à éprouver de nouvelles techniques : petites sculptures de bronzes dorés sur fond également de bronze doré, granulé ou animé d’insertion d’émaux.

1959 –  Elle décède à Montpellier.

1964 – Grande exposition rétrospective de l’ouvre de Germaine Richier au Mussée Réattu en Arles

Pour en savoir plus sur Germaine Richier:

A VOIR :

Le voyageur qui fait le tour du monde pourra rencontrer ces statues dans 10 nations différentes ; les principales collections publiques et privées se trouvent dans presque tous les pays d’Europe occidentale, en Amérique du Nord, aux Antilles et en  Amérique du Sud.

En France, sont à voir:

- Le Christ de l’Eglise d’ASSY,

- Le Musée Grimaldi d’ Antibes

- Le  Musée National d’Art Moderne à Paris

A LIRE :

Jean Cassou, A. Pieyre de Mandiargues, de la Souchère, Georges Limbour:

 » GERMAINE RICHIER SCULPTEUR « 

Michel Conil-Lacoste : « Nouveau dictionnaire de la Sculpture Moderne »

Ed.  Hazan Paris1970.

LIVRES ILLUSTRES :

Arthur Rimbaud : « Une saison en enfer »

« Les déserts de l’amour »

« Les illuminations »

Lausanne Ed. AndréGonin 1949

Illustré de 25 eaux fortes originales de Germaine Richier.

René de Solier : « Contre Terre »

Lausanne Ed. André Gonin 1954

llustré de 24 eaux fortes originales de Germaine Richier

A.M.M

(Photo. Pleine page)

Spécialement pour nos amis du « GRANS – TAURIN »
Germaine Richier avait pensé à vous !  La TAUROMACHIE  1953  ( PHOTO)

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LES TREMBLEMENTS DE TERRE EN PROVENCE.

Notre Provence connaît bien ce phénomène redoutable qu’on appelle tremblement de terre, ou encore séisme. Située dans la zone méditérranéenne particulièrement active (carte 1), elle a souvent éprouvé dans le passé des secousses dont la majorité fut (et demeure) imperceptible sauf pour les sismographes. En y regardant de plus près, rien  n’ est plus trompeur en effet que l’expression « terre ferme » : 800000 (huit cent mille) séismes par an, en moyenne, dans le monde…

(Carte)

Carte I: principales zones sismiques du bassin méditerranéen.

La France, en dehors des bassins sédimentaires (aquitain ,parisien), est elle-même sujette à ces phénomènes, notamment le quart sud-est. La carte suivante, qui ne tient compte que des séismes d’intensité moyenne ou forte pour la période 1901-1969, est éloquente : les massifs jeunes, ALPES et PYRENEES, n’ont pas fini leur croissance !

Le quart Sud-Est, on le voit, est à l’honneur : 23 séismes majeurs, de 1388 à1963 dans le comté de Nice, Le Queyras et la Provence, jalonnent l’histoire de centaines de morts et de dégâts importants. LA BOLLENE, près de Nice fut ainsi détruite en 1494,1564 et1644 !

Nous connaissons bien celui de 1909 ( Lambesc-Rognes) grâce aux enregistreurs (sismographes) déjà au point à cette époque, et aux témoignages des habitants. Ce jour-là (le 11 juin) ,vers 21 h 16, un grondement sourd et puissant, accompagné de secousses inhabituellement violentes , arrêtait les pendules, faisait craquer les charpentes tandis que la vaisselle s’entrechoquait. Dans la zone la plus touchée (carte III), de nombreux édifices s’écroulaient ou subissaient des dommages importants.

Le vieux village de Vernègues fut détruit et à Salon, l’Emperi vit l’écroulement d’une partie des remparts, les tours du pigeonnier et Rostang de Cabre durent être rasées par sécurité (1909, 1916): 4O morts au total, des dommages considérables et une belle frayeur pour les habitants !

(Carte)

carte III: lignes d’égales intensité (isoséistes) du tremblement de terre de 1909.

QU’EST-CE DONC QU’UN TREMBLEMENT DE TERRE ?

GRANS POURRAIT-IL SUBIR UN JOUR, CE PHENOMENE ?

voyons les réponses que la science nous propose, ou plutôt l’état encore imparfait de nos connaissances dans ce domaine qui nous touche de près…

I. Un tremblement de terre est un mouvement NATUREL , LOCALISE et BRUSQUE du sol .

—— naturel car lié à la dynamique de la structure du globe : l’écorce terrestre est formée de plaques rigides mais mobiles entre elles, qui s’affrontent, s’éloignent ou coulissent (carte IV) ; de même, à l’intérieur d’une plaque, les failles sont les cassures révélant des pressions internes qui se libèrent: c’est la tectonique des plaques.

(Carte)

carte IV : localisation des plaques; divergence (écartement), convergence rapprochement) et coulissage.

—— localisé ,  sur une faille apparente ou cachée, ce qui permet de déterminer, pour chaque séisme, un foyer et un épicentre (schéma V).

(Dessin)

—— brusque ,  car lorsque les pressions, lentement accumulées au cours de dizaines d’années, excédent la capacité de résistance de la roche, une cassure intervient et se

propage comme 1a fêlure d’une vitre. Le plus souvent, c’est une faille existante qui se « réajuste » ; dans les deux cas, l’ébranlement provoqué se propage sous forme d’ondes élastiques porteuses d’énergie (voir schéma ci-dessus).

II.  Comment mesurer un tremblement de terre ?

Pour analyser, comparer et expliquer 1e phénomène , on estime l’énergie mise en jeu

et transportée par les ondes, donc leur amplitude (magnitude) . La référence est l’échelle de RICHTER qui comprend 9 degrés, le passage d’un degré au suivant correspondant à une augmentation de facteur lO.

Une corrélation peut ainsi être faite  entre énergie, magnitude et les effets ressentis.

Effets ressentis Nombre par année Magnitude Energie (en erg)
Destruction totale 0,1 à 0,2 >/= 8 >10^25
Grands dommages 4 >/= 7,4 >0,4*10^24
dommages sévères (rails pliés) 15 7 à 7,3 0,04 à 0,2*10^24
Dégâts considérables aux bâtiments 100 6,2 à 6,9 0,5 à 23*10^21
Dégâts légers aux bâtiments 500 5,5 à 6,1 1 à 27*10^19
Ressenti par toute la population 1.400 4,9 à 5,4 3,6 à 57*10^17
Ressenti par beaucoup 4.800 4,3 à 4,8 1,3 à 37*10^16
Ressenti par quelques personnes 30.000 3,5 à 4,2 1,6 à 76*10^15
non ressenti mais inscrit 800.000 2 à 3,4 4*10^10 à 9*10^13

nota: 10^25 ergs équivalent à I000 explosions nucléaires de 1 mégatonnes !

III.    ET NOUS  ?

La carte suivante montre la complexité de la situation pour la région de GRANS :

(Carte)

Ainsi, Grans se situe dans une zone à risque, ce qui veut dire:

1) qu’un séisme peut s’y produire n’importe quand (voir ci-dessus) , car là où la terre a tremblé, elle tremblera encore;

2) que cela arrivera demain ou dans plusieurs siècles, sans que l’on puisse, pour longtemps encore, le prévoir.

3) que, pour ces raisons, il serait aussi excessif de paniquer que de négliger ce risque.

LA TERRE TREMBLE, C’EST NORMAL,

ET CE N’EST PAS UNE RAISON POUR FAIRE COMME ELLE…

Daniel Moynault

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